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<title>Anna Karina</title>
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<link>http://annakarina.zeblog.com/</link>
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	<title>le blog des montres</title>
	<description><![CDATA[Comme vous l'avez vu, j'ai abandonné le blog d'Anna Karina pour me consacrer entierrement à ma passion: l'horlogerie.Je vous invite donc à visiter le blog des montres à l'adresse suivante: http://leblogdesmontres.wordpress.comà bientot

]]></description>
	<link>http://annakarina.zeblog.com/149185-le-blog-des-montres/</link>
	<author>alphaville</author>
	<pubDate>Tue, 13 Feb 2007 14:15:00 +0100</pubDate> 
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	<title>Le Petit Soldat (1960)</title>
	<description><![CDATA[Avec : Michel Subor (Bruno Forestier), Anna Karina (Veronica Dreyer), Henri-Jacques Huet (Jacques), Paul Beauvais (Paul), Laszló Szábó (Laszlo). 1h28. 
<IMG src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/a/annakarina/le-petit-soldat-01.jpg">


Genève 1958. La France doit faire face à la guerre d'Algérie. Bruno Forestier, déserteur, travaille en Suisse pour le compte d'un parti de droite qui combat le FLN. Cet engagement n'est pas le fait d'un choix lucide. Bien au contraire, Bruno, personnage naïf, est en proie aux plus déconcertantes contradictions intellectuelles. Il rencontre Véronica Dreyer, dont il tombe amoureux. Ses amis, le soupçonnant de pratiquer le double jeu, veulent le mettre à l'épreuve. Ils lui ordonnent d'assassiner Palidova, le commentateur politique de Radio Suisse. Bruno essaye de gagner du temps.
Le jeune agent secret s'attarde volontiers chez Véronica qu'il prend comme modèle pour une série de photographies. Les membres du réseau anti-FLN mettent au point un chantage qui obligerait Bruno à passer à l'action. Ils organisent un banal accident de voiture, avec délit de fuite, pour faire intervenir la police suisse. L'attentat échoue car Bruno se montre trop hésitant. Capturé par les militants FLN il est torturé. Sa résistance à la souffrance est pour lui une occasion de prouver sa liberté. Il parvient à s'échapper et il rejoint Véronica. Mais celle-ci travaille pour le FLN. Les amis de Bruno l'enlèvent, la séquestrent et la torturent à mort. C'est après avoir tué Palidova que Bruno apprend la mort de la jeune fille. Il ne lui reste qu'une chose : apprendre à ne pas être amer.
Dans la première séquence, on distingue la silhouette d'une maison et une voiture qui entre dans le champ, puis un planton à une frontière. On voit surtout le mouvement d'appareil, le déplacement rapide de la caméra. On entre ainsi dans le film par une embardée, par la brièveté et le mouvement. Pour Jean-Michel Frodon(1) , La réflexion est dès lors placée sous le signe de l'urgence et non pas de la tranquillité et de l'apaisement. S'explique ainsi mieux la première phrase prononcée par Bruno Forestier, déserteur français, réfugié en Suisse au temps de la guerre d'Algérie :
"Pour moi, le temps de l'action a passé. J'ai vieilli. Le temps de la réflexion commence". 
Car le déplacement de la voiture amorcée de nuit se prolonge de jour jusqu'aux abords de Genève et l'on semble entrer dans un vrai film d'action avec intrigues d'espions, complots, poursuites, torture, suspens et assassinat. Il est pourtant bien clair que tout au long du film l'objectif de Bruno est de prouver sa liberté en refusant l'action immédiate.
Car selon Godard, le sujet du film est "la nostalgie de la guerre d'Espagne". Bruno oppose à son époque - sans idéal, celle de la guerre d'Algérie-, à celle de L'Espoir de Malraux, où l'action rejoignait la réflexion dans le dernier combat marqué par un engagement physique des intellectuels. Son temps ne peut être que celui du recul par rapport aux mots d'ordre militaires ou idéologiques.
La référence à Malraux traverse le film. "Un jour, j'ai écrit le roman d'un homme qui entendait le son de sa propre voix, et ce roman, je l'ai appelé La condition humaine." 
La réflexion sur l'action engage aussi le cinéma lui -même. Ce deuxième film de Godard -même si pour cause de censure sur la guerre d'Algérie, il est son quatrième film distribué- est son vrai premier film. Il marque en effet un début du cinéma alors que A bout de souffle entretenait davantage un rapport avec le passé du cinéma. Le "moi" pourrait aussi bien, si on le veut, être remplacé par "Godard "ou même "le cinéma". Ce qui donnerait alors :
"Pour le cinéma, le temps de l'action a passé. Il a vieilli. Le temps de la réflexion commence". 
Godard critique voulait comprendre le cinéma pour le transformer devenu cinéaste, Godard n'a pas cessé d'être critique. C'est à dire qu'il produit de la pensée critique avec les moyens du cinéma.
La réflexion du film porte ainsi sur la voix par le média du magnétophone et sur la vision" A part nous-mêmes, notre visage et notre voix, nous n'avons rien. Mais peut-être que c'est ce qui est important : arriver à reconnaître le son de sa propre voix et la forme de son visage. De l'intérieur il est comme ça (concave) et quand on le regarde, il est comme ça (convexe)". 
Métaphore sur la connaissance ; sur la liberté des acteurs "Les acteurs je trouve ça con, je les méprise...ce ne sont pas des gens libres"; évocation de la cinéphilie via la première apparition d'Anna Karina en Veronika Dreyer premier prénom et nom cinéphilique, le film n'est que lointainement un film d'action ou même un film d'amour. Malgré l'assassinat de Veronika, Bruno est content : il aura du temps pour apprendre à ne pas être amer.]]></description>
	<link>http://annakarina.zeblog.com/109639-le-petit-soldat-1960/</link>
	<author>alphaville</author>
	<pubDate>Fri, 24 Nov 2006 09:25:00 +0100</pubDate> 
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	<title>De l'Amour (1965)</title>
	<description><![CDATA[<IMG src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/a/annakarina/3700173219854.jpg">
&nbsp;
Pour Stendhal, les rapports entre un homme et une femme amoureux l'un de l'autre sont une lutte, une lutte qui a des règles, et qui tient du jeu et du drame. Si Stendhal avait vécu de nos jours, il aurait dit "UN MATCH". Il s'agissait donc de pousser à cette extrémité ce principe Stendhalien et ce film consiste à une multiplicité de situations amoureuses qui se déroulent dans le cadre de notre époque et qui sont une suite de combats entre l'homme et la femme.
&nbsp;]]></description>
	<link>http://annakarina.zeblog.com/108864-de-l-39-amour-1965/</link>
	<author>alphaville</author>
	<pubDate>Wed, 22 Nov 2006 15:53:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>.</title>
	<description><![CDATA[<IMG src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/a/annakarina/karina02.jpg">]]></description>
	<link>http://annakarina.zeblog.com/108856-/</link>
	<author>alphaville</author>
	<pubDate>Wed, 22 Nov 2006 15:47:00 +0100</pubDate> 
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<item>
	<title>Anna Karina et Philippe Katerine</title>
	<description><![CDATA[Philippe Katerine et Anna Karina."J'aurais pu être ta maman".
&nbsp;
http://www.youtube.com/watch?v=L9NOEHC4_VQ]]></description>
	<link>http://annakarina.zeblog.com/108842-anna-karina-et-philippe-katerine/</link>
	<author>alphaville</author>
	<pubDate>Wed, 22 Nov 2006 15:35:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>&quot;le portrait ovale&quot; (extrait) VII</title>
	<description><![CDATA[



<IMG height=109 alt="Anna Karina" src="http://www.horschamp.qc.ca/cinema/fev2001/images/karina1.JPG" width=121>
<IMG height=109 alt="Anna Karina" src="http://www.horschamp.qc.ca/cinema/fev2001/images/karina2.JPG" width=121>
On retrouve une autre "pose" significative dans la scène du café, vers le moitié de Vivre sa Vie, avant que Raoul ne rencontre Nana. Une chanson de Jean Ferrat joue en arrière-fond. Nana vient de livrer un monologue - aux accents vaguement existentialistes - sur la responsabilité de chaque individu face aux actes que l'on pose. Ce texte dense, lourd de signification, Karina le délivre avec l'innocence d'une pensée qui est venu comme ça, qui s'est réflechie à mesure qu'elle s'énonçait, dans toute la bonté et l'humilité de son expression. Yvette, l'amie avec qui elle vient d'échanger ces mots, s'est levée pour aller voir Raoul, et Nana demeure un instant assise, tête inclinée. La caméra recule doucement, et à ce moment, à l'instant où l'air de musique débute, elle lève la tête et pose les yeux directement dans l'axe de la caméra, quelques secondes, incline la tête de nouveau, puis la relève et sourit on ne peut plus légèrement. On coupe au plan suivant : un jeune couple est assis à une table, échange des sourires et des silences. On coupe à nouveau à Nana qui regarde toujours vers la caméra. Le cadre se referme, et elle regarde cette fois à sa droite, sans brusquer, avec l'aplat requis pour laisser le plan briller, et qui rappelle l'adage de Bresson : "Modèle. L'étincelle attrapée dans sa prunelle donne signification à toute sa personne." On suit son regard qui se pose sur un type, debout (on ne voit pas ce qu'il fait) et qui va s'asseoir à un banc. La caméra revient une derrière fois, recule un peu, et Nana observe un court moment Raoul et Yvette autour d'une machine à boules. La chanson se termine et le film reprend son cours, de là où il s'était interrompu ou... suspendu plutôt. La suite de la scène est surprenante et mérite que l'on s'y attarde un instant.
Raoul va aller interroger Nana pour savoir, en l'insultant, si "c'est une poufiasse ou une femme du monde. Si elle s'énerve, c'est que c'est une poufiasse, si elle rit, c'est que c'est une femme du monde." Il s'installe à ses côtés bien qu'on ne le voit jamais dans le plan. La caméra est toute entière tournée vers Nana, enregistrant la moindre expression. De hagarde au début, à pensive, elle finit par s'esclaffer de rire et ses yeux s'emplissent d'une innocence rieuse et intriguée. Raoul quitte la table. Elle entrouvre le cahier de ce dernier où sont inscrits les noms des prostituées. À ce moment précis on entend une rafale de mitraillette. En plan moyen, on l'observe, très grave. À la seconde rafale, elle se lève, enfile en vitesse son manteau, et court dans la rue. Encore, ici, sans surcharger, elle livre en quelques traits précis un portrait complet et profond de vérité. Godard, d'ailleurs, compara sa démarche dans Vivre sa Vie à celle d'un peintre de l'épure.

Vivre sa Vie est un film réalsite, et un moment extrêmement irréaliste. C'est très schématique : quelques traits soulignés, quelques principes fondamentaux. Je pensais affronter mes personnages de façon frontale, comme dans les tableaux de Matisse ou de Braque, alors la caméra est toujours droite.]]></description>
	<link>http://annakarina.zeblog.com/102404-le-portrait-ovale-extrait-vii/</link>
	<author>alphaville</author>
	<pubDate>Tue, 07 Nov 2006 17:49:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>&quot;le portrait ovale&quot; (extrait) VI</title>
	<description><![CDATA[
"Quand je filme un visage il y a deux choses : Je filme ce visage parce que j'en ai besoin pour le film, mais derrière cela apparaît autre chose, le visage de l'acteur lui-même. Et le processus qui consiste à photographier ce visage. Et ça change toujours le but initial que je poursuivais dans le film."
Godard est très attentif à ces instants qui révèlent, de la même manière que Karina dose et joue de son charme avec la même attention vis-à-vis la portée de chaque geste. C'est aussi parce qu'elle a appris très tôt à dompter l'œil de la caméra qu'une complicité naturelle, jamais forcée, s'est forgée au fil des films et selon des coordonnées à chaque fois différentes.
Cette complicité est particulièrement loquace dans Une Femme est une Femme, film tout entier tourné vers la performance et la prestation. Qu'Angela (Karina) offre son numéro de striptease ou qu'elle s'adonne à des tâches domestiques, tout y est produit sur le mode du jeu, de la légèreté et du plaisir. Lorsqu'elle chante et danse devant sa glace, seule dans sa chambre, ou devant le public blasé du club, la performance procède essentiellement de la même volonté de spectacle. Si Karina n'est certes pas une contralto, elle possède suffisamment d'assurance, dans le numéro de striptease, pour chanter sans accompagnement musical tout en se dévêtissant et lorgnant amoureusement la caméra. Dans le dernier segment du numéro, la caméra s'est considérablement rapprochée de son visage qui emplit tout le cadre. Un dispositif lumineux colore tour à tour, en rouge, en bleu, en vert, le visage et le fond de l'image. Godard se révèle ici - comme ailleurs - un très habile coloriste, puisque la couleur complémente la coloration des vers chantés et la générosité du jeu. Dominant parfaitement son pouvoir de séduction, Angela (Karina) décrit ses charmes et fait le même geste que dans Le Petit Soldat, redressant ses cheveux de chaque côtés de ses bras levés, mais révélant une expression qui rime parfaitement avec les paroles de la chanson ("Et je suis... très... be...lle") Le portrait ici, ne se présente pas sur le mode de la surprise comme le précédent, mais bien selon un axe du contrôle absolu : elle se sait belle et sait jouer avec cette beauté.]]></description>
	<link>http://annakarina.zeblog.com/102400-le-portrait-ovale-extrait-vi/</link>
	<author>alphaville</author>
	<pubDate>Tue, 07 Nov 2006 17:47:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>&quot;Le portrait ovale&quot; (extrait) V</title>
	<description><![CDATA[Pose/posture




<IMG height=96 alt="Anna Karina" src="http://www.horschamp.qc.ca/cinema/fev2001/images/karina13.JPG" width=133>

<IMG height=96 alt="Anna Karina" src="http://www.horschamp.qc.ca/cinema/fev2001/images/karina14.JPG" width=133>

<IMG height=96 alt="Anna Karina" src="http://www.horschamp.qc.ca/cinema/fev2001/images/karina15.JPG" width=133>
Karina a souvent posé pour Godard, et ces poses, il semble, ont toujours été des pauses dans le temps, des poses du temps, des moments suspendus où l'œil de la caméra, posé en gros-plan sur son sujet, retient son souffle. Ces gros plans sont souvent fragiles, ne durent jamais bien longtemps, juste le temps de saisir, au passage, cette seconde (il y en a plusieurs dans ces films) où on imprime quelque chose de grand. Karina connaît (parce qu'elle a été mannequin de mode) l'angle et l'expression requis pour que son charme opère de la façon la plus directe. Elle sait aussi retenir le voile assez longtemps, maintenir l'attente, baisser la tête pour mieux dévoiler son visage et exprimer, à cet instant, dans le moment, l'émotion exacte. Elle possède, sur ce plan, un contrôle surprenant sur l'image qu'elle projette et il suffit de mettre bout à bout quelques images de films pour être totalement confondu quant à l'âge, la nature, la qualité morale, voire même la beauté de l'actrice. Entre Une femme est une femme et Bande à Part, peu sauraient dire, à moins qu'ils ne le sachent déjà, que le premier a été fait trois ans avant le second. Elle domine suffisamment l'expression de son visage, l'économie de ses pas, le rapport à l'espace qu'elle occupe qu'elle parvient à projeter deux portraits qui, à s'y méprendre, ne sont pas de la même personne. Dans un entretien, Karina se rappelle : "Quand Jean-Luc avait présenté Vivre sa Vie, Une Femme est une Femme et Bande à Part au Festival de New York, les spectateurs, les journalistes me reconnaissaient dans les deux premiers, mais se demandaient qui jouait dans Bande à Part." 
Pour se convaincre de ces disparités qui attestent la qualité de l'interprétation d'Anna Karina, il suffit de regarder différentes scènes qui possèdent toutes les traits d'une scène "posée". À chaque fois, elle est cadrée de façon très serrée, elle regarde droit dans l'objectif, mais, d'une scène à l'autre, elle exprime, à très peu de frais expressifs, des traits affectifs très différent.
Dans Le Petit Soldat, Bruno (Michel Subor) est invité à prendre des photos de Véronika (Anna Karina) dans son appartement. Il est impossible de ne pas voir dans le rôle du photographe, une transposition de Godard lui-même, lançant des vérités ("le cinéma c'est la vérité 24 fois par seconde"), comme des banalités ("est-ce qu'il vous arrive de prendre des douches"), évasif dans ce qu'il exige d'elle ("faites ce que vous voulez, moi je vous photographie"), invariablement constant, dans le ton, le geste et l'expression. Véronika, sur le mode de l'interview, pose tout en réagissant aux questions, se baladant dans l'appartement et faisant, en vérité, "ce qu'elle veut". Ce qui est frappant c'est que son maniérisme qui ailleurs aurait produit l'effet de l'ennui ou d'une malhabile coquetterie (se regarder dans la glace, se mettre du rouge, s'arranger sans relâche les cheveux, tirer sur son pull, etc.) composent un portrait naturel et spontané, recomposé à chaque fois et contenu à chaque nouveau plan (et souvent à l'intérieur de chaque plan). La caméra la suit, patiente, toujours en mouvement, et une voix-off dirige la répartition des attributs de Véronika : "Le charme de Véronika, c'était elle-même" ; "Les étrangères qui parlent français c'est toujours joli" ; "Elle avait des cernes. Ses yeux étaient gris- Velasquez", etc. Tout à elle-même, elle parcourt la pièce en faisant transiter sur son visage une série d'expressions allant de la frayeur de l'enfant ("j'ai l'impression que la police m'interroge"), à la légéreté d'une jeunesse insouciante ("Je trouve ça idiot"). Dans ces sauts affectifs, elle trouve une distance, elle est loin de nous. Mais cette distance se brise à l'occasion, quand, par exemple, Bruno lui demande de remonter ses cheveux. Et c'est là que Godard sait se montrer à la fois fin photographe et habile peintre, puisqu'à cette seconde (qu'il immobilise volontairement) sa beauté inouïe - et on dirait jusqu'à là gardée secrète - se révèle directement.]]></description>
	<link>http://annakarina.zeblog.com/102399-le-portrait-ovale-extrait-v/</link>
	<author>alphaville</author>
	<pubDate>Tue, 07 Nov 2006 17:46:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>&quot;Le portrait ovale&quot; (extrait) IV</title>
	<description><![CDATA[De Ann Karin à Anna Karina : de mannequin à modèle
Anna Karina (Ann Karin) arrive en France à l'âge de dix-huit ans, de Copenhague, et devient mannequin pour Pierre Cardin. Elle joue dans un film de Rohmer (Charlotte et son Steak, 1951), et s'est présentée lors d'une audition pour À Bout de Souffle :

C'est le petit rôle où à St-Germain elle montre ses seins et Belmondo lui pique 50 francs. Il m'avait fait venir parce qu'il m'avait vu dans une pub de Monsavon. Il me dit : "Il faut vous déshabiller." Là-dessus, j'ai répondu que je ne me déshabillais pas. Je suis partie et j'ai publié cette histoire ?
Ils se recroiseront en 1960, alors que Godard cherchait une interprète pour jouer un second rôle dans Le petit soldat, puis, en 1961, alors qu'il parcourait le tout-Paris pour trouver une comédienne pour Une femme est une Femme (il aurait même écrit à Joan Collins). Il proposa le premier rôle à Karina après l'avoir vue dans Ce Soir ou Jamais (1960) de Michel Deville.
À partir de 1961, année de leur mariage et de la production de Une Femme est une Femme, débouleront coup sur coup Vivre sa Vie (62), Bande à Part (63), Alphaville (65), Pierrot le Fou (1965), Made in U.S.A. (66) et Anticipation (Episode de Le Plus Vieux Métier du Monde, 66), où, pour la dernière fois, la lentille de Godard croisera les yeux évanouissants de Karina. Le cinéaste et l'actrice n'eurent nullemement durant ces années un contrat d'exclusivité. Alors que Godard tourne Le Mépris, Une Femme Mariée, Masculin-Féminin, 2 ou 3 Choses que je Sais d'Elle, Karina joue dans Chléo de 5 à 7 (Varda), La Ronde (Vadim), L'Étranger (Visconti), La Religieuse (Rivette). Et si Godard, par la suite, filmera d'autres acteurs-trices de taille (Fonda, Huppert, Schygulla, Delon, Piccoli, Depardieu), Karina se verra offrir des rôles de prestige par des réalisateurs aussi divers que Fassbinder, Ruiz, Deville, Arcady, Cukor, etc. Un fait qui échappe souvent est que Karina réalisa elle-même un film en 1973, film dans lequel elle était aussi l'interprète (Vivre Ensemble). La carrière de Karina, en d'autres mots, ne s'est pas limitée à l'œuvre de Godard bien que leurs deux noms demeureront - comme dans l'esprit de plusieurs les noms de Belmondo et de Seberg - à jamais associés à une époque particulièrement prolifique du réalisateur, et où l'acteur jouait un rôle de premier plan (ce qui s'est perdu durant les "Années Mao" et du cinéma militant).
Du Petit Soldat à Anticipation, ils réalisèrent sept longs métrages en moins de dix ans, sept variations au tempo très différent. Il suffit de jeter un regard sur ces œuvres pour saisir l'incroyable versatilité de l'actrice. De l'enfant cachotier, inquiet mais traître du Petit Soldat, à la starlette de musical amoureuse et assurée d'une Femme est une Femme, au dessin tragique et pur de Nana dans Vivre sa Vie ; de la collégienne innocente et effarouchée de Bande à Part à l'aventurière duplice et complice de Pierrot le fou, à la victime enrégimentée, stoïque, mais tremblante d'Alphaville, tous ces rôles caressent, dans leur différence, la multi-valence de Karina, dans ce qu'elle a de plus riche à offrir. C'est en ces termes que Karina décrit le travail de l'acteur : "C'est d'être géniale dans le sentiment que vous demande le metteur en scène.[L'acteur] c'est quelqu'un qui sait s'imposer par rapport à un sentiment montré à l'écran. C'est quelqu'un qui s'impose aussi par rapport à un texte."Et toujours, il lui a fallu s'imposer, dans le corps et dans la voix, au-delà du texte et du cadre, pour faire briller ce quelque chose qui, d'œuvre en œuvre ne tarit pas : "Et c'est la Vie elle-même !".
On se rappellera que c'est justement en cela que réside le charme du tableau dans la nouvelle de Poe : ni la beauté du sujet, ni le talent de l'exécution, mais quelque chose qui tout ensemble produit une impression vitale, un effet de vie, dans sa vacillante ambiguité, sa chavirante profondeur. Godard a déjà écrit que "le cinéma ne se pense pas, il se vit". Ce qui s'y vit, ultimement (quand ça, cela, passe) c'est la vie en elle-même qui se joue entre nous et la pellicule impressionnée.
Il nous reste dans à étudier, dans le détail, certaines modalités de cette "vie", parcourir certains films (pas tous), en traçant le fil qui relie Karina aux films de Godard, et d'y comprendre la place et le rôle qu'elle y occupe. En analysant un certain nombre de scènes, nous serons en mesure de mieux saisir comment Karina se situe dans l'univers godardien et les traits généraux de son travail d'actrice.]]></description>
	<link>http://annakarina.zeblog.com/102397-le-portrait-ovale-extrait-iv/</link>
	<author>alphaville</author>
	<pubDate>Tue, 07 Nov 2006 17:44:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>&quot;le portrait ovale&quot; (extrait) III</title>
	<description><![CDATA[Avec très peu de mots, avec des dialogues barbouillés et donnés au comédiens juste avant de tourner, avec des indications, elles, très précises sur le mouvement, les pas et gestes exigés, les acteurs de Godard doivent composer presque sur-le-champ. Très peu de temps est laissé pour habiter, pour "se mettre dans la peau" du personnage. Toutefois, les acteurs dans les films de Godard n'improvisent jamais au sens strict, bien que leur jeu se présente avec la vitalité de l'improvisation. Rien n'est improvisé, nous dit Godard, dans la mesure où personne n'improvise dans la vie (6). Cela donne une stylisation dans le jeu, une simplicité du trait, qui ne contredit pas la spontanéité, le naturalisme, mais plutôt les contient dans un cadre. Si les acteurs-trices ne sont pas appelés à jouer en fonction d'une intention émotionnelle, d'une volonté d'exprimer quelque chose de bien déterminé, ils retrouvent, au-delà du texte parfois difficile qu'ils ont à défendre, la fraîcheur d'un moment, d'une première impression, l'expression de la vie qui palpite. "The moment when the actor is the most alive will be the moment which is recorded on film." (7) De la sorte, il parvient à atteindre, ce qu'il a qualifié lui-même de réalisme théâtral, où on parvient au vrai par le faux, par la reconnaissance du faux. De films en films, les comédiens s'admettent à eux-mêmes et à l'écran qu'ils sont en train de jouer, qu'ils sont dans un film, par une série de stratégies que nous déclinerons un peu plus tard. Ce faisant, ils reconnaissent la présence de la caméra avec laquelle ils décident d'entretenir un échange fondé sur le défi, la séduction, la complicité. Selon les cas et les corps, cette relation sera plus ou moins soulignée, et le lien entre la vie et la vie de la fiction sera plus ou moins poreux. Dans le cas d'Anna Karina, il semble impossible de séparer, à certains moments, la vie de la fiction - cette vie qui tremble au bout d'une voix qui dit, dans Une Femme est une Femme, en s'adressant à la caméra : "Je suis heureuse".
Reconnaissant explicitement les codes historiques, culturels, génériques qui encadrent le jeu du comédien, Godard se reconnaît aussi dans une certaine tradition, celle des grands couples (mariés ou non) du cinéma : Dietrich-Von Sternberg, Chaplin-Pickford, Griffith-Gish, Pabst-Brooks, Rosselini-Bergman, Fellini-Massina (et depuis, entre autre, Cassavetes/Rowlands). S'il est parvenu à inscrire dans cette tradition un couple Godard-Karina, c'est aussi et surtout parce que son actrice avait ce je-ne-sais-quoi qui s'y prêtait admirablement et qui, dès Le Petit Soldat, s'est imposé. Godard se reconnaît une place dans cette tradition et on pourrait même dire qu'il la revendique, bien qu'il n'ait jamais voulu imposer un scénario ou un projet à Karina, et que ces films se sont toujours faits dans le sens d'une entente mutuelle. Que Karina ait été, pendant longtemps, l'actrice de Godard, ne nous intéresse que dans la mesure où elle nous permet d'explorer un trait de son esthétique. En posant Karina à chaque fois au centre du film, c'est comme s'il s'agissait - dans le film même - de reconnaître une tradition cinématographique et d'en formuler la conscience. Karina est devenue, sur le coup, dès Une Femme est une Femme, l'exemple même d'une star Nouvelle Vague, qui explorait, dans chaque film, un pigment nouveau de sa palette.
&nbsp;




<IMG height=107 alt="Anna Karina" src="http://www.horschamp.qc.ca/cinema/fev2001/images/karina17.JPG" width=160>

<IMG height=107 alt="Anna Karina" src="http://www.horschamp.qc.ca/cinema/fev2001/images/karina18.JPG" width=160>]]></description>
	<link>http://annakarina.zeblog.com/102395-le-portrait-ovale-extrait-iii/</link>
	<author>alphaville</author>
	<pubDate>Tue, 07 Nov 2006 17:43:00 +0100</pubDate> 
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